Le nez à la fenêtre

Ce roman procède d’une intention : placer un personnage moyen dans une situation exceptionnelle et voir ce qui se passe. Pour la situation, j’ai choisi une grande étape de montagne du Tour de France, parce que cette épreuve est mythique et magique. Pour le personnage, il fallait donc un coureur qui n’a jamais été abonné aux victoires et à la gloire.

Mais pouvait-il suffire de raconter une étape, même extrême, vécue de l’intérieur ? Malgré ma connaissance du milieu, je craignais que ce projet ne soit trop mince.

J’ai donc placé des extraits de l’enfance de ce coureur, de sorte que ce passé alterne systématiquement avec le présent haletant de la course. J’avais donc un roman ordonné par séquences successives et alternées.

Cette composition me plaçait devant deux problèmes à résoudre : d’abord, comment tendre le récit de l’enfance comme celui de l’étape (dont le rythme se précipite forcément à mesure qu’on approche de l’arrivée) ? Il me fallait donc un secret de l’enfance à découvrir en fin de roman.

Puis, comment lier les deux récits parallèles de façon à ce que leur juxtaposition produise du sens ? Je n’avais qu’à passer en géométrie non euclidienne, auquel cas les parallèles pourraient se frôler, s’éloigner, revenir se toucher, à chaque fois que des idées seraient communes aux deux mondes (par exemple un cimetière fréquenté par l’enfant et la Casse déserte où roule le coureur, le silence de l’appartement de l’enfance et le vacarme de la caravane du Tour, etc.).

Ai-je résolu ainsi les problèmes ? Tout ce que je sais, c’est que les lecteurs qui m’ont parlé de ce roman m’ont tous assuré qu’ils ne pouvaient plus le quitter après l’avoir commencé. J’espère que c’est vrai.

tous les textes et les photos de ce site appartiennent à Jean Noël Blanc, sauf mention contraire - droits réservés.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×