Mes petites actualités

Bilans et projets

 

Je n'avais pas modifié ces "petites actualités" depuis longtemps, ce qui leur ôtait évidemment leur actualité. Actualisons donc.

Pour les dernières publications, je peux mentionner une nouvelle isolée ("Gros pif") parue chez Aé, une maison discrète qui publie ainsi des OLP (Objets Littéraires Postaux : c'est-à-dire un texte court qu'on peut expédier par la Poste), et aussi un recueil de 3 nouvelles ("Avec mes meilleurs sentiments") édité par Le Réalgar avec des peintures d'Elzévir – et je trouve qu'il y a une assez jolie complicité entre ce que j'ai écrit et les huiles ou les gouaches d'Elzévir.

Dans un tout autre genre, je peux mentionner un livre rare et précieux : un bout de poème (mais oui) accompagné d'un mini-vitrail de Delphine Gabon ; c'est un ouvrage élégant et minuscule, intitulé "Être vivant", et publié par Jean-Pierre Huguet.

Et puis je suis assez fier d'avoir sorti un opuscule de dessins. J'en avais envie de puis longtemps. Tant pis si le livret n'est pas épais. J'espère que son contenu a plus de poids que d'épaisseur. Cela s'intitule "Figures", c'est paru chez Jarjille, et je crois avoir mis là-dedans la pudeur râpeuse que j'aime bien mettre dans mes nouvelles.

Pour les prévisions, deux ou trois choses. D'abord un roman à paraître bientôt au Réalgar, qui met en scène l'amitié touchante et curieuse qui a lié au XIX° s. d'un côté François Auguste Ravier, peintre solitaire qui aura préfiguré les impressionnistes, et, de l'autre, Félix Thiollier, industriel stéphanois et photographe aujourd'hui reconnu. Je me suis appuyé sur la biographie croisée de ces personnages et sur les courriers qu'ils échangeaient pour romancer cette amitié. Il va peut-être s'ajouter à ce travail une sorte d'exposé sur ce qui se passe dans l'atelier de l'écriture : les débuts d'un texte, la page noire, la réécriture, les dialogues, les personnages, les conjugaisons, la chasse aux adjectifs et aux métaphores, le besoin de couper, etc. J'espère que l'éditeur pressenti sera d'accord avec ce que je vais lui proposer.

Enfin, j'ai l'espoir de voir édité un deuxième petit livre de dessins, qui est une sorte de résumé commenté des croquis que j'ai la manie de faire en voyage.

Enfin, je ne perds pas l'espoir d'écrire quelque chose sur les chats, pour satisfaire une vieille envie et me faire plaisir à dire et redire mon amour pour "mes" chats.

Tout cela témoigne d'un travail toujours en cours. Et si je dis "travail", c'est en toute connaissance de cause. A preuve, le texte suivant, que j'avais publié dans la revue de l'ARALD (organisme pour le livre en région Rhône-Alpes), et dont je ne renie rien. 

UN TYPE QUI ECRIT

Soit ce début de nouvelle : « Tu pues. » Pourquoi cette phrase ? Je n’en sais rien, mais explorer cette piste m’attire. Qui donc dit ces mots ? À qui ? Dans quelles circonstances ? Et cet enchaînement, il conduit où ? J’écris pour le découvrir : cela s’appelle un premier jet.

Puis il s’agit de densifier le récit. Le tendre, le muscler. Ne pas reculer. Oser la dureté. Et aussi rythmer, cadencer, faire monter une tension. Et chasser les clichés, les fioritures, les affèteries « littéraires ». Tuer ses petites chéries. Et couper, couper. Moins de mots, plus de force. Il y a toujours trop de mots. Écrire n’est pas dur, le difficile est de réécrire.

Souvent j’adresse ensuite le texte à deux amis écrivains. Ils plantent leurs griffes dans mon travail. C’est douloureux. Mais précieux. Donc je me remets à l’établi : il faut tendre encore le récit, et encore assouplir et lisser l’écriture. L’aisance est un labeur. Quand elle est au rendez-vous, le lecteur croit que tout est venu sans effort. Tant mieux : qu’il déguste et savoure, les beaux désastres de la cuisine ne le regardent pas.

Alors, seulement une besogne ? Et de la technique ? Voyons, un type qui écrit, on attend de lui qu’il parle inspiration, mystère, affres de la Création, moi-je, tout le tralala. Fariboles. En réalité l’inspiration n’est sans doute que le souffle expiré de quelque expérience rencontrée dans l’enfance ou l’adolescence. C’est à ces âges qu’on achète ses rêves et ses blessures. Ensuite, on les exhale. On s’exploite. Sans connaître toutes les racines, bien sûr. On n’écrit que sur un nid de secrets. À d’autres de les traquer, si ça les amuse. Moi, non.

J’écris parce que je ne sais pas et ne veux pas savoir. Par conséquent « pourquoi écrire » n’est pas mon problème. Seul m’importe le comment : je ne parle que de travail. L’écriture est un atelier, et le mieux que je puisse faire est d’en tenir la porte ouverte. Le reste ne me regarde pas. Au travail.

Fausse petite actualité : "LE LECTEUR AU LONG COURS"

( j’ai retrouvé ce texte destiné au Salon de Montreuil il y a quelques années ; il ne semble pas avoir perdu son actualité, alors…).

Longtemps j’ai lu à quatre pattes. Je posais sur le sol le livre grand ouvert, et, la tête en bas, les fesses en l’air, je m’abîmais dans des aventures de cow-boy, de détective ou de chevalier. J’ai appris ainsi beaucoup de choses sur la vie.

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